David Djaïz

Nous devons trouver un moyen de civiliser à nouveau le capitalisme

La crise démocratique actuelle n’est pas « l’expression d’un simple moment populiste », mais bien le retour d’un effet de balancier qui remonte à la fin des « trente glorieuses », époque au cours de laquelle la démocratie commença à être bridée.

2 thoughts on “David Djaïz

  1. shinichi Post author

    « Nous devons trouver un moyen de civiliser à nouveau le capitalisme »

    Le politiste David Djaïz explique que la crise démocratique actuelle n’est pas « l’expression d’un simple moment populiste », mais bien le retour d’un effet de balancier qui remonte à la fin des « trente glorieuses », époque au cours de laquelle la démocratie commença à être bridée.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/30/david-djaiz-nous-devons-trouver-un-moyen-de-civiliser-a-nouveau-le-capitalisme_6024355_3232.html

    Normalien et énarque, David Djaïz est haut fonctionnaire et enseignant à Sciences Po. Dans Slow démocratie (Allary Editions, 320 pages, 20,90 euros), il invite à reprendre le contrôle d’une « mondialisation débridée », qui a nui à la démocratie et à la justice sociale. Pour ce jeune essayiste, né en 1990, il est urgent de remettre la nation au cœur de l’agenda politique. Meilleure garante des solidarités, celle-ci reste le cadre essentiel de la démocratie.

    Dans votre livre « Slow démocratie », vous rappelez que capitalisme et démocratie ont été solidement amarrés pendant les « trente glorieuses », avant de divorcer… Pourquoi ?

    En dépit d’immenses bouleversements (exode rural, participation accrue des femmes au marché du travail, élévation du nombre de diplômés du supérieur), les « trente glorieuses » [1945-1973] restent dans notre imaginaire une période de grande stabilité et de prospérité. Pourquoi ? Parce que l’Etat-nation jouait un rôle central de régulation et de stabilisation du système.

    Dans l’économie faiblement mondialisée d’alors, l’Etat pouvait activer des leviers de commande efficaces, comme les salaires. La fixation du smic est l’illustration de ce volontarisme de l’Etat. Pendant les « trente glorieuses », ce pilotage a entretenu un cercle vertueux où salaires et productivité augmentaient de concert. Dans le même temps, la population était de mieux en mieux assurée contre les risques de toute nature, grâce à la montée en puissance de la protection sociale. Enfin, les « trente glorieuses » sont une période de grande vitalité démocratique, avec un taux de participation aux élections de 80 % en moyenne dans les pays d’Europe de l’Ouest. Tout change à la fin des années 1960 et au début des années 1970.

    Que s’est-il passé ?

    Il y a eu une double surchauffe. Surchauffe sociale, d’abord. En mai 1968, on se révolte contre le patriarcat, la verticalité du pouvoir, la société de consommation, le fordisme dans les usines, etc. …

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