Charles Baudelaire

A une passante
 
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;
 
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
 
Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?
 
Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

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3 Responses to Charles Baudelaire

  1. shinichi says:

    Les Fleurs du mal

    par Charles Baudelaire

    (1857)

    A-une-passante

  2. shinichi says:

    シャルル・ボードレール(Charles Baudelaire)

  3. shinichi says:

    (sk)

    Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

    Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

    これは間違いなく

    愛の詩

    永遠のなかでしか会えないとか

    それを知っているきみとか

    夢は現実よりも現実に近く

    きみは愛よりも愛に近い

    こんな愛を知ってしまったら

    誰にも愛は話せない

    **

    このボードレールを

    裁判に連れ出したのは

    どこの誰だ

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