Liberland

Liberland_vlajka


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2 Responses to Liberland

  1. shinichi says:

    Le Liberland, l’Etat qui n’existe pas et se déchire déjà

    Le Monde.fr

    http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2015/09/16/le-liberland-l-etat-qui-n-existe-pas-et-se-dechire-deja_4759169_4497186.html

    Cette petite bande de terre située entre Croatie et Serbie n’est revendiquée par aucun pays. Mais attise, chez ses aspirants citoyens, le fantasme d’un Etat libertarien.

    Linerland


    « C’est bon, on est près du bord, on peut sauter ! » Caméra Gopro arrimée à la ceinture et passeport sous plastique, Alex, un jeune Britannique de 20 ans, s’élance d’une barque pour accéder au rivage du Danube. Direction : sa terre promise, le Liberland. La stratégie est rôdée : à un mille de là, son ami le Danois Niklas Nikolajsen, chargé de la Liberland Settlement Association (LSA), fait diversion pour attirer l’attention de la Policija croate en plongeant depuis une vedette avant d’entamer un crawl vers le Liberland sous les yeux médusés de la police croate.

    La Policija finit par comprendre que cette baignade n’est qu’un leurre et vire, moteur à bloc, vers la première embarcation. Trop tard. Après une rocambolesque poursuite, les bateaux des trublions rejoignent finalement la rive serbe du fleuve frontière. Ils pourront quand même passer la nuit au QG de LSA, à quelques kilomètres de là, et non dans une prison croate. Pour eux, la mission est accomplie : ils ont pu poser le pied sur le Liberland sans se faire arrêter par la police des frontières croate, occuper brièvement le terrain et faire avancer l’idée de la création de ce nouvel Etat.

    Dernière micronation autoproclamée de la planète, posée aux confins de la Serbie, de la Croatie et de la Hongrie, la République libre du Liberland n’est pas encore née qu’elle suscite déjà des envies de sédition. Tout commence le 13 avril quand le Tchèque Vit Jedlicka, un libéral eurosceptique d’une trentaine d’années, plante en compagnie de sa petite amie et d’un copain de fac le drapeau du Liberland sur cette enclave du Danube. Ce fleuve a longtemps servi à délimiter Serbie et Croatie.

    Mais, au XIXe siècle, les travaux d’amélioration de la ­navigation fluviale modifient son cours naturel. Des ­morceaux de Serbie se retrouvent ainsi sur la rive croate et inversement. A la partition de l’ex-Yougoslavie, en 1995, le litige perdure. Il ne sera pas tranché lors de l’entrée de la Croatie dans l’Union européenne en 2013. D’où un cas rare de terra nullius, – 7 km2 où vivent des sangliers, des cerfs, mais surtout des nuées de moustiques – que Vit Jedlicka a localisée sur Wikipedia.

    Il y voit l’occasion de mettre en pratique la devise libertarienne « To live and let live » (vivre et laisser vivre). Avec deux voix et une abstention, il devient alors le premier président, et sa copine, de facto, la première dame de Liberland. Les réseaux sociaux relaient largement la nouvelle, 350 000 personnes ont à ce jour rempli le formulaire en ligne afin d’obtenir la citoyenneté – nombre de demandeurs viennent d’Egypte, de Libye, de Syrie ou encore de Turquie.

    Mais le succès attire des convoitises. Ainsi, le 8 mai, le Danois Niklas Nikolajsen, un entrepreneur du Bitcoin vivant en Suisse, dans le canton de Zoug, le moins taxé de la confédération, déclare que le Liberland, sans propriétaire avéré, peut lui appartenir tout aussi bien qu’à Vit Jedlicka. Quelques pionniers activistes, comme Alex et son compère américain, sont recrutés pour tenir un poste avancé et maintenir une présence régulière jusqu’à la reconnaissance diplomatique du territoire.

    En effet, d’après les accords de Montevideo de 1933, celle-ci ne peut intervenir que s’il y a une population et un gouvernement. Niklas Nikolajsen assure qu’il s’agit d’une question de temps, que les investisseurs sont prêts si l’accès au territoire est consolidé : « En juin, j’ai créé quelques milliers de parts pour la compagnie, les investisseurs se les sont arrachées en quarante-huit heures », affirme-t-il.

    En attendant, c’est à quelques kilomètres à vol d’oiseau du Liberland, dans la petite ville de Bezdan (Serbie), que la LSA a installé sa base arrière, au bord d’un canal. Un étonnant QG où convergent des activistes venus d’horizons différents, tous issus d’une génération aguerrie aux réseaux sociaux, parfois passés par les bancs des mouvements contestataires d’Occupy Wall Street ou d’Anonymous.

    S’ils divergent idéologiquement, entre « minarchistes » (prônant un état minimal), anarchistes ou radicaux capitalistes, tous adhèrent aux grands principes libertariens : réduire le rôle de l’Etat, s’affranchir des taxes, remplacées par une contribution volontaire, refuser la violence et célébrer la liberté sous toutes ses formes. La population locale s’amuse souvent de ces geeks cosmopolites en tongs, pourtant, ces « colons » sont loin d’être des idéalistes rêveurs.

    Si tout se passe comme prévu, ils seront les futurs actionnaires et citoyens du Liberland. Un système de « meritcoins » prévoit d’attribuer la citoyenneté aux activistes qui auront mis leur savoir-faire au service du Liberland. Pendant ce temps, le président Vit Jedlicka profite, lui, de ses visites consulaires tout autour du globe pour faire aboutir sa demande de reconnaissance diplomatique… Un même objectif, deux méthodes, la course de vitesse est engagée.

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