Albert Camus

C’est pourquoi encore il était naturel que Grand, qui n’avait rien d’un héros, assurât maintenant une sorte de secrétariat des formations sanitaires. Une partie des équipes formées par Tarrou se consacrait en effet à un travail d’assistance préventive dans les quartiers surpeuplés. On essayait d’y introduire l’hygiène nécessaire, on faisait le compte des greniers et des caves que la désinfection n’avait pas visités. Une autre partie des équipes secondait les médecins dans les visites à domicile, assurait le transport des pestiférés, et même, par la suite, en l’absence de personnel spécialisé, conduisit les voitures des malades et des morts. Tout ceci exigeait un travail d’enregistrement et de statistiques que Grand avait accepté de faire.
De ce point de vue, et plus que Rieux ou Tarrou, le narrateur estime que Grand était le représentant réel de cette vertu tranquille qui animait les formations sanitaires. Il avait dit oui sans hésitation, avec la bonne volonté qui était la sienne. Il avait seulement demandé à se rendre utile dans de petits travaux. Il était trop vieux pour le reste. De dix-huit heures à vingt heures, il pouvait donner son temps. Et comme Rieux le remerciait avec chaleur, il s’en étonnait : « Ce n’est pas le plus difficile. Il y a la peste, il faut se défendre, c’est clair. Ah ! si tout était aussi simple ! » Et il revenait à sa phrase. Quelquefois, le soir, quand le travail des fiches était terminé, Rieux parlait avec Grand. Ils avaient fini par mêler Tarrou à leur conversation et Grand se confiait avec un plaisir de plus en plus évident à ses deux compagnons. Ces derniers suivaient avec intérêt le travail patient que Grand continuait au milieu de la peste. Eux aussi, finalement, y trouvaient une sorte de détente.

3 thoughts on “Albert Camus

  1. shinichi Post author

    ペスト 全訳*(II ㉞ )

    ミスター・ビーンのお気楽ブログ

    https://ameblo.jp/jaimeen/entry-11945460934.html

    C’est pourquoi il était naturel que le vieux Castel mît toute sa confiance et son énergie à fabriquer des sérums sur place, avec du matériel de fortune. Rieux et lui espéraient qu’un sérum fabriqué avec les cultures du microbe même qui infestait la ville aurait une efficacité plus directe que les sérums venus de l’extérieur, puisque le microbe différait légèrement du bacille de la peste tel qu’il était classiquement défini. Castel espérait avoir son premier sérum assez rapidement.

    C’est pourquoi encore il était naturel que Grand, qui n’avait rien d’un héros, assurât maintenant une sorte de secrétariat des formations sanitaires. Une partie des équipes formées par Tarrou se consacrait en effet à un travail d’assistance préventive dans les quartiers surpeuplés. On essayait d’y introduire l’hygiène nécessaire, on faisait le compte des greniers et des caves que la désinfection n’avait pas visités. Une autre partie des équipes secondait les médecins dans les visites à domicile, assurait le transport des pestiférés, et même, par la suite, en l’absence de personnel spécialisé, conduisit les voitures des malades et des morts. Tout ceci exigeait un travail d’enregistrement et de statistiques que Grand avait accepté de faire.

    De ce point de vue, et plus que Rieux ou Tarrou, le narrateur estime que Grand était le représentant réel de cette vertu tranquille qui animait les formations sanitaires. Il avait dit oui sans hésitation, avec la bonne volonté qui était la sienne. Il avait seulement demandé à se rendre utile dans de petits travaux. Il était trop vieux pour le reste. De dix-huit heures à vingt heures, il pouvait donner son temps. Et comme Rieux le remerciait avec chaleur, il s’en étonnait : « Ce n’est pas le plus difficile. Il y a la peste, il faut se défendre, c’est clair. Ah ! si tout était aussi simple ! » Et il revenait à sa phrase. Quelquefois, le soir, quand le travail des fiches était terminé, Rieux parlait avec Grand. Ils avaient fini par mêler Tarrou à leur conversation et Grand se confiait avec un plaisir de plus en plus évident à ses deux compagnons. Ces derniers suivaient avec intérêt le travail patient que Grand continuait au milieu de la peste. Eux aussi, finalement, y trouvaient une sorte de détente.

    « Comment va l’amazone ? » demandait souvent Tarrou. Et Grand répondait invariablement : « Elle trotte, elle trotte », avec un sourire difficile. Un soir, Grand dit qu’il avait définitivement abandonné l’adjectif « élégante » pour son amazone et qu’il la qualifiait désormais de « svelte ». « C’est plus concret », avait-il ajouté. Une autre fois, il lut à ses deux auditeurs la première phrase ainsi modifiée : « Par une belle matinée de mai, une svelte amazone, montée sur une superbe jument alezane, parcourait les allées fleuries du Bois de Boulogne. »

    – N’est-ce pas, dit Grand, on la voit mieux et j’ai préféré : « Par une matinée de mai », parce que « mois de mai » allongeait un peu le trot.

    Il se montra ensuite fort préoccupé par l’adjectif « superbe ». Cela ne parlait pas, selon lui, et il cherchait le terme qui photographierait d’un seul coup la fastueuse jument qu’il imaginait. « Grasse » n’allait pas, c’était concret, mais un peu péjoratif. « Reluisante » l’avait tenté un moment, mais le rythme ne s’y prêtait pas. Un soir, il annonça triomphalement qu’il avait trouvé : « Une noire jument alezane. » Le noir indiquait discrètement l’élégance, toujours selon lui.

    – Ce n’est pas possible, dit Rieux.

    – Et pourquoi ?

    – Alezane n’indique pas la race, mais la couleur.

    – Quelle couleur ?

    – Eh bien, une couleur qui n’est pas le noir, en tout cas !

    Grand parut très affecté.

    – Merci, disait-il, vous êtes là, heureusement. Mais vous voyez comme c’est difficile.

    – Que penseriez-vous de « somptueuse » ? dit Tarrou.

    Grand le regarda. Il réfléchissait :

    – Oui, dit-il, oui !

    Et un sourire lui venait peu à peu.

    À quelque temps de là, il avoua que le mot « fleuries » l’embarrassait. Comme il n’avait jamais connu qu’Oran et Montélimar, il demandait quelquefois à ses amis des indications sur la façon dont les allées du Bois étaient fleuries. À proprement parler, elles n’avaient jamais donné l’impression de l’être à Rieux ou à Tarrou, mais la conviction de l’employé les ébranlait. Il s’étonnait de leur incertitude. « Il n’y a que les artistes qui sachent regarder. » Mais le docteur le trouva une fois dans une grande excitation. Il avait remplacé « fleuries » par « pleines de fleurs ». Il se frottait les mains. « Enfin on les voit, on les sent. Chapeau bas, messieurs ! » Il lut triomphalement la phrase : « Par une belle matinée de mai, une svelte amazone montée sur une somptueuse jument alezane parcourait les allées pleines de fleurs du Bois de Boulogne. » Mais, lus à haute voix, les trois génitifs qui terminaient la phrase résonnèrent fâcheusement et Grand bégaya un peu. Il s’assit, l’air accablé. Puis il demanda au docteur la permission de partir. Il avait besoin de réfléchir un peu.

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  2. shinichi Post author

    ペスト 全訳*(II ㉞ )

    ミスター・ビーンのお気楽ブログ

    https://ameblo.jp/jaimeen/entry-11945460934.html

    それ故、老医師カステルが仮器材を使って、現場で血清を製造することに全幅の信頼を置き、全精力を注ぎこむのは当然だった。リゥとカステルは、都市を汚染していた細菌そのものを培養して作られた血清は、外部から持ち込まれた血清より直接効果を発揮することを期待していた。なにしろ、現地の細菌は、従来定義されていたペストの桿菌とはいくらか違っていたのだから。カステルはその最初の血清がかなり早く手に入るものと思っていた。

    それ故また、ヒーローらしい所など微塵もないグランが、衛生部隊の秘書業務のような仕事を今や滞りなく果たしているのも当然のことだった。というのも、タルーが編成したチームの一部は、人口過密地区で予防扶助業務に専心し、その地区に必要な衛生環境を導入しようと努め、未だ消毒が行われていない屋根裏部屋や地下倉庫を数え上げていた。また別のチームは、往診する医師たちを助け、ペスト患者の搬送業務をこなしていた。さらに後には、専門職員がいない場合、病人や死人を乗せた車両を自ら運転したのだった。こうした作業には全て、グランが引き受けていた記録作業、統計作業が必要だったのだ。

    このように見てくると、語り手は、リゥやタルー以上に、グランこそが衛生部隊を突き動かしていたこの静かなる勇気の真の代表者だと思うのだ。グランは持ち前の善意から、二つ返事で仲間になることを引き受けてくれた。ただ彼は、自分は雑務をこなすことで役に立ちたいと言っていた。他の仕事をするには自分は年を取りすぎている。18時から20時まで、自分は衛生部隊の仕事に時間がさけると。そして、リゥが熱烈に感謝の気持ちを伝えると、彼は驚いてこう言っていた。「たいして難しいことじゃありません。ペストなんですから、身を守らなきゃなりません、当たり前のことです。ああ!何事もこんな風に簡単ならいいのですが!」そう言って、彼は再び例の文章に取り組むのだった。ときどき晩には、分類カードの仕事が終わると、リゥはグランと話をしていた。結局、タルーも彼らの会話に加わる様になり、グランは次第に嬉々として二人の仲間に自分の気持ちを打ち明けるのだった。リゥとタルーの方も、グランがペストのさ中にも続けている根気のいる作文の成り行きを興味深げに見つめていた。結局二人もまた、グランの作文にある種の息抜きを見い出していたのだ。

    「例の乗馬婦人の調子はどう?」とタルーはよく訊いていた。するとグランは微妙な笑みを浮かべ、決まってこう答えるのだった。「駆けてますよ、駆けてますとも。」ある晩グランは、乗馬婦人に「優雅な」という形容詞を使うのはきっぱりやめて、これからは「たおやかな」という形容詞を使うと言った。「ずっと具体的ですから」と彼は付け加えていた。またあるときは、二人の聞き手に、このように修正した出だしの文を読んで聞かせた。「5月のある晴れた朝のこと、たおやかな婦人が素晴らしい栗毛の牝馬に乗り、ブローニュの森の花咲く小道を駆け巡っていた。」

    「どうです?」とグランは言った。「この方が婦人の姿が目に浮かぶようだ。5月は≪メ(mai)」≫の方が気に入りました。≪モワ・ドゥ・メ(moi de mai)≫では馬の速足が少々間延びしてしまいます。」

    次にグランは、≪素晴らしい≫という形容詞がひどく気掛かりのようだった。これでは何も伝えていないと言うのだ。彼は自分が思い描く豪華な牝馬を一言で活写してくれる言葉を探していた。≪肥えた≫では駄目だ、具体的だが少々俗っぽい。≪艶(つや)やかな≫という言葉に一時惹かれたが、それではリズムが合わない。ある晩、グランは勝ち誇ったように、言った。「見つかりました!≪黒い栗毛の牝馬≫です。」 これもまた彼の言なのだが、黒は優雅さを秘めていると言うのだ。

    「そりゃ駄目だよ。」とリゥが言った。

    「何故です?」

    「栗毛(アルザヌ)は品種ではなく、色を表すからさ。」

    「何色です?」

    「そうだな、とにかく黒ではない色だ。」

    グランはひどく悲しそうな顔をした。

    「ありがとうございます。先生がいてくれて本当に助かります。でも、これがどれほど難しいか先生にもお分かりでしょう。」

    「≪豪奢な≫っていうのはどうだろう?」とタルーが言った。

    グランはタルーを眺め、考え込んでいた。

    「ええ」とグランが答えた。「ええ!」

    少しずつ、グランの顔に微笑みが浮かんできた。

    それからしばらくして、グランは≪花咲く≫という言葉に悩んでいると打ち明けた。彼はオランとモンテリマール(注:フランス南東部、ローヌ川流域地帯にある町。高名なヌガーの産地)以外の町は何一つ知らなかったので、ときどきリゥとタルーにブローニュの森の小道が花咲く様子についてあれこれ情報を求めていた。実を言うと、リゥもタルーも小道に花が咲いているという印象を一度も持ったことは無かったのだが、市職員の確信に二人の心は動揺していた。グランは二人のあやふやさに驚いていた。「ものを見るすべを心得ているのは芸術家だけなのですね。」しかしある時、リゥ医師はグランがひどく興奮しているのが分かった。グランは≪花咲く≫を≪花の溢れた≫に書き換えていたのだ。彼は嬉しそうに揉み手をしていた。「ようやく小道が目に浮かび、肌で感じられます。≪諸君、脱帽し給え!≫ですよ。」グランは勝ち誇ったように文を読み上げた。≪5月のある晴れた朝のこと、たおやかな婦人が豪奢な栗毛の牝馬に乗り、ブローニュの森の花の溢れた小道を駆け巡っていた。≫ しかし、大声で読み上げてみると文の末尾を飾る三つの属格、つまり≪ブローニュの≫、≪森の≫、≪花の≫の響きが思わしくなく、グランは少々噛んでしまった。彼は、打ちひしがれたように腰を下ろした。それから彼はリゥ医師に今日はこれでお暇(いとま)しますと言った。まだ少し考える必要があるというわけだ。

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