2 thoughts on “Petite couronne parisienne

  1. shinichi Post author

    Métropole du Grand Paris : cinq scénarios à la loupe

    Après des mois de réflexions et d’échanges sur l’avenir de la Métropole du Grand Paris (MGP), Emmanuel devrait rendre ses arbitrages d’ici à la mi-février. En attendant, toutes les hypothèses restent ouvertes.

    Par Frédric Choulet avec Cécile Chevalier

    https://www.leparisien.fr/grand-paris/metropole-du-grand-paris-cinq-scenarios-a-la-loupe-24-11-2017-7531293.php

    L’avenir de la Métropole du Grand Paris (MGP) se joue en ce moment. Métropole renforcée sur ses limites actuelles de la zone dense? Métropole élargie à l’agglomération parisienne? Métropole région?… Le président de la République devrait enfin rendre ses arbitrages d’ici à la mi-février, sur la base des conclusions du préfet de région Michel Cadot. Des arbitrages très attendus car ils impacteront l’avenir de la région et de ses habitants. En attendant, toutes les hypothèses restent ouvertes. En voici cinq.

    1. La métropole renforcée

    Une Métropole du Grand Paris (MGP) dans ses limites actuelles (la petite couronne parisienne plus quelques communes à la frange) avec des pouvoirs renforcés, notamment en matière de développement économique. C’est sensiblement ce qui est programmé dans la loi à l’horizon 2020 et ce que défend le président de la MGP, Patrick Ollier. La métropole disposant de vrais moyens humains et financiers, avec, à sa tête, un président au pouvoir accru, pourrait alors passer des contrats avec les autres territoires afin de les associer à la dynamique métropolitaine.

    ATOUTS. Le projet a le soutien d’une partie des élus municipaux de la petite couronne et de Paris, toutes tendances confondues, qui y voient un moyen de garder la main sur les décisions prises. L’idée de multiplier les contrats avec les autres territoires, villes, intercommunalités et même départements de grande couronne peut peser en faveur de ce choix.

    HANDICAPS. Politiquement délicat. Une métropole resserrée sur les limites de la petite couronne suscite l’hostilité d’un grand nombre d’élus départementaux. Ceux de petite couronne craignent la disparition de leurs départements. Ceux de grande couronne ont peur de devenir les parents pauvres de la région.

    PROBABILITÉS. L’une des options les plus solides, mais avec quelques aménagements concernant la gouvernance et le périmètre d’action.

    2. La région métropole

    Pourquoi créer une entité au niveau de la petite couronne alors que la région est là ? Valérie Pécresse, présidente LR du conseil régional, défend une métropole au niveau régional, seule échelle, selon elle, correspondant aux ambitions de rayonnement international du Grand Paris. C’est simple : la région garde ses prérogatives, récupère celles de la métropole et renforce le tout, notamment en y incluant la politique du logement et plus de pouvoirs opérationnels pour suivre les projets au niveau local. La structure fonctionnerait avec le maintien des départements et des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), Paris disposant d’un statut spécial.

    ATOUTS. Cette option semble recueillir de plus en plus de soutiens. C’est l’une des hypothèses les plus simples à mettre en œuvre. Le développement économique, l’aménagement du territoire et les transports font déjà partie des compétences de la région. Cela permettrait d’englober tout le territoire francilien dans le processus du Grand Paris.

    HANDICAPS. Le sentiment que le pouvoir s’éloigne. Les élus locaux des territoires concernés, villes et départements, craignent que cette région décide à leur place. Autre question : quelle serait la place de Paris ? Et comment gérer une région composée de 60 territoires intercommunaux, dont l’un pèse à lui seul un sixième de la population et un tiers des emplois ?

    PROBABILITÉS. En hausse.

    3. La métropole tentaculaire

    C’est certainement l’option la plus ambitieuse. Elle consisterait à pousser les contours de la métropole à tout ou partie de l’Agglomération urbaine parisienne (ou de l’Unité urbaine selon l’Insee) et aux pôles économiques qui la constituent. Au-delà de la petite couronne. Dans le scénario le plus probable, l’entité aurait ainsi la main sur le secteur de l’aéroport de Roissy, entre Val-d’Oise et la Seine-et-Marne, et le plateau de Saclay dans l’Essonne. Et pourquoi ne pas étendre le périmètre de cette méga métropole à l’ensemble de l’agglomération parisienne, zone de près de 3 000 km2 , en continuité avec la zone dense urbaine ? Ce territoire de 412 communes, 10,6 millions d’habitants et 5,3 millions d’emplois englobe notamment les ex-villes nouvelles et espaces de développement de Marne-la-Vallée et Disney, Evry, Saint-Quentin-enYvelines et Cergy, ainsi que MelunSénart, sans s’étendre sur toute la région. D’autres variantes intermédiaires sont possibles en intégrant uniquement les zones denses proches de la PPC.

    ATOUTS. Cette hypothèse permet d’élargir la métropole à des territoires qui sont parties prenantes, de fait, dans le développement urbain et économique de l’agglomération.

    HANDICAPS. Le statut de cette métropole élargie pose problème. Il est moins favorable aux territoires investis qui risquent d’y perdre des pouvoirs. Les présidents des conseils départementaux de grande couronne et les maires des territoires sur lesquels cette métropole empiéterait le vivent comme une annexion. Certains, autour de Roissy et du plateau de Saclay, ont déjà affiché leur hostilité à cette éventualité.

    PROBABILITÉS. Faibles, sauf si l’on considère que ce périmètre ne représente pas celui de la métropole elle-même, mais intègre les secteurs qui peuvent être associés à la métropole par contrat ou convention.

    4. La métropole département

    Comme pour le scénario de la métropole renforcée, on garde les limites actuelles de la Métropole du Grand Paris, correspondant peu ou prou à celles de la petite couronne parisienne, mais on la transforme en un grand département de 7 millions d’habitants composé de douze territoires dont Paris. Un modèle qui ressemble à celui de Lyon. Si ce n’est que le département du Rhône a dû être découpé en deux pour arriver à ce résultat. En région parisienne, il faudra fusionner les trois départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne avec Paris.

    ATOUTS. La simplification est là. Une seule collectivité métropolitaine avec une administration unifiée et des territoires.

    HANDICAPS. La question de Paris et de son statut à part reste un obstacle majeur. Les élus départementaux et leurs présidents Patrick Devedjian (LR), Christian Favier (PC) et Stéphane Troussel (PS), sont contre. A Lyon, le processus a pris quarante ans. A Paris, on est pressé !

    PROBABILITÉS. S’il se présentait comme un bon scénario de départ, il semble aujourd’hui peu envisageable.

    5. Adieu la métropole

    On efface tout et surtout on ne recommence pas. Pourquoi ne pas garder tout simplement le découpage actuel des communes, départements et région qui, après tout, a fait ses preuves ? On oublie la nouvelle structure jugée superfétatoire tout en redéfinissant et adaptant les rôles de chaque collectivité territoriale afin d’accompagner au mieux les défis du développement de Paris et de sa région.

    ATOUTS. On retire un étage au millefeuille institutionnel. Celui de la Métropole du Grand Paris, en reprécisant les compétences des communes (dont Paris), des départements et de la région. L’entité métropole pourrait être remplacée par une structure de gouvernance plus souple comme le forum métropolitain augmenté par exemple.

    HANDICAPS. Tout ça pour ça ! Difficile pour Emmanuel Macron d’arriver devant les élus avec un projet d’enterrement de première classe. Pas vraiment l’image de l’ambition. Même si l’idée est très moderne (on met de l’huile dans les rouages afin que les différents acteurs travaillent ensemble sans structure tutélaire), elle ne correspond pas tellement à la culture française.

    PROBABILITÉS. Infinitésimales.

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