Nicolas Matyjasik

Le monde a changé. Le monde de la recherche aussi. Le transfert de connaissances dans la mise en œuvre des politiques publiques est l’enjeu d’une action politique de gauche. Unir la démocratie, la connaissance et des politiques publiques robustes : c’est le pari de l’intelligence collective et de la politique des idées que porte Benoît Hamon, un renouvellement du logiciel de gauche. Le cœur des idées bat encore, et fort !

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2 Responses to Nicolas Matyjasik

  1. shinichi says:

    « C’est le pari de l’intelligence collective et de la politique des idées que porte Benoît Hamon »

    Dans une tribune au « Monde », la philosophe Sandra Laugier et le politologue Nicolas Matyjasik expliquent que le temps des « réformateurs » du PS est révolu.

    par Nicolas Matyjasik

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/04/03/c-est-le-pari-de-l-intelligence-collective-et-de-la-politique-des-idees-que-porte-benoit-hamon_5104935_3232.html

    Plutôt que de tenir la liste des déserteurs et saboteurs, peut-être faudrait-il se mettre à compter le nombre croissant d’universitaires, intellectuels, chercheurs et étudiants qui soutiennent Benoît Hamon et s’impliquent un peu partout en France dans sa campagne. Car Hamon, c’est le candidat des idées. Pour la première fois, l’occasion nous est donnée de nous engager pour quelqu’un qui porte une vraie conception de l’intelligence. Celle qui émerge de la nouvelle alliance des idées, des citoyens et du politique.

    Le monde a changé. Les formes de la vie politique aussi. La conversion à Emmanuel Macron d’un certain nombre de hiérarques du PS et d’anciens membres du gouvernement, avec à leur tête, ou plutôt queue, l’ex-premier ministre Manuel Valls – au prétexte qu’ils ne se reconnaîtraient pas dans le projet du candidat issu de la primaire de la gauche – n’est pas seulement déloyale, elle signale une véritable régression intellectuelle et politique.

    Ne pas se reconnaître, se méconnaître, c’est sur cela que le PS des « réformateurs » a été désavoué à la primaire, sinon bien avant. Pour son manque de fidélité à ses engagements, à quelque chose qui, pour nous, est l’identité de la gauche : la lutte contre l’injustice, pour l’égalité, pour les libertés réelles pour tous et toutes, pour la protection des plus vulnérables contre les plus puissants.

    Remettre le sort de la République à un candidat à ce point aux mains des élites économiques, les forces du « système » qu’il dénonce complaisamment, et qui repeint son épopée césariste en exercice de renouvellement, c’est faire fi de la réflexion collective de la primaire. C’est uniquement grâce au spectacle lamentable d’un candidat de la droite dure qui se maintient malgré scandales et corruption que le comportement des socialistes macronisés n’apparaît pas dans toute son indignité – celle, morale mais aussi spirituelle, d’une terrible absence d’idées, d’une indigence conceptuelle, d’un manque de propositions pour améliorer l’avenir (à part le leur).

    Tout se passe comme si ces élites vieillissantes ne voyaient pas les « transformations du monde » : justice globale et climatique, santé environnementale et sécurité humaine, protection des biens communs et démocratisation de l’Europe… Les idées sont le premier souffle de la campagne de Benoît Hamon et les trahisons ne peuvent les tuer.

    La seconde innovation de la campagne, c’est la reconnaissance des citoyens comme acteur central et collectif de la pensée politique. Ceux qui lâchent le candidat du PS n’ont pas compris que le pouvoir n’était déjà plus entre leurs mains. Il est chez les citoyens, qui leur réservent, on l’a vu, quelques surprises. Ces citoyens sont dotés d’une compétence politique aussi grande que celle de ces élus accrochés à leur fauteuil, sans autre horizon intellectuel que leur maintien, ou la justification de leurs renoncements. La politique des idées s’élabore dans le débat public, dans des communautés d’acteurs. Nous ne pouvons, dans notre société de connaissance et du numérique, nous contenter d’un débat d’experts en surplomb.

    Bienveillance

    La vie politique démocratisée n’appartient plus seulement à une catégorie d’individus, « les » politiques, tout comme l’intellectualité n’est plus le propre d’une catégorie protégée. Non, la gauche n’a pas perdu la bataille des idées, au contraire. Cette campagne le prouve. La galaxie des soutiens de Hamon, une génération des chercheurses et de chercheurs, qui récusent et réfutent le conformisme économique, social, moral de la droite, sont l’image du PS de demain. Ils sont engagés dans le changement social et nous montrent que ce sont la connaissance et la bienveillance et non l’égoïsme, la recherche du profit et la fermeture des frontières qui doivent fonder l’action politique.

    Pensons à la « radicalisation » repérée de longue date sur le terrain par les chercheurs en sciences sociales. Ces études, remarquables et signalant l’urgence, n’ont pas su se traduire dans une politique publique appropriée. Cela résume la difficulté que rencontre une classe politique autonomisée du monde intellectuel, produisant en vase clos des discours destinés à son autoreproduction et à sa propre validation.

    Et comment expliquer que si peu de recherches en sociologie aient trouvé des débouchés dans l’action politique ? Certes, la question se pose différemment en sciences sociales, mais le ruissellement des connaissances vers la pratique y est également une nécessité. Surtout dans un domaine où une part de la recherche concerne, justement, ce qu’il faut en faire.

    Dans une période où, comme le montre le cas Trump, l’obscurantisme scientifique devient fondateur de répression et d’injustice, la force des sciences sociales est leur capacité d’analyser les situations, de prendre en compte les intérêts de tous et de toutes, de faire reconnaître, enfin, l’explication et l’analyse comme moyens de décision et d’action. Benoît Hamon, en mobilisant les chercheurs dans sa campagne, rattrape la faute d’un ex-premier ministre qui, attaquant la volonté « d’expliquer », s’en prenait en réalité à la capacité d’agir de manière juste et informée.

    Utilité des connaissances

    Faire usage des idées comme outil politique, c’est aussi créer les conditions d’une véritable utilité des connaissances. L’utilité et la valeur restent, aujourd’hui encore, trop centrées sur la notion de valorisation, imitée de la prise de brevets dans l’industrie. Les universitaires ont traditionnellement refusé l’utilité directe, par crainte de l’exploitation ou du dévoiement de leur pensée. Crainte justifiée, quand on voit certains « experts » aujourd’hui au service de l’injustice et du conformisme.

    La génération Hamon répond à ce nouveau défi de l’utilité, et change la donne intellectuelle. Qu’on pense à l’appel lancé par le CNRS au lendemain des attentats de 2015, qui a permis l’expression surprise du désir de mobilisation de toute la recherche pour défendre la société. L’avenir du PS, c’est la politique des idées qui transforment la vie quotidienne.

    Le monde a changé. Le monde de la recherche aussi. Le transfert de connaissances dans la mise en œuvre des politiques publiques est l’enjeu d’une action politique de gauche. Unir la démocratie, la connaissance et des politiques publiques robustes : c’est le pari de l’intelligence collective et de la politique des idées que porte Benoît Hamon, un renouvellement du logiciel de gauche. Le cœur des idées bat encore, et fort !

  2. Debra says:

    I remember there was a time when I didn’t want to make friends because it broke my heart when they moved on. Then I realised that each relationship brought an abundant richness to my life that I co2u&nd#8l17;t deny. Now I enjoy each friend for however long we are in contact with each other. And on the plus side, I have a bed when I want it all over the world.

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