Philippe Escande

Au Japon, plus qu’ailleurs dans le monde, le consensus, condition de l’harmonie de la société, est une vertu cardinale. Les conflits doivent être évités, résolus avant qu’ils éclatent et surtout ne pas être dévoilés en place publique. L’important est que chaque partie garde le « tatemae », la face. L’affaire Renault-Nissan est aux antipodes de cette philosophie. Les joutes sont continuelles et se tiennent dans l’arène médiatique mondiale, au vu et au su de tous. La belle harmonie de cette alliance unique en son genre est désormais brisée en une mosaïque d’affrontements, où tout le monde à tour de rôle perd la face.

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1 Response to Philippe Escande

  1. shinichi says:

    2019/6/20
    « Renault-Nissan : comment recoller les morceaux ? »
    Philippe Escande, Le Monde
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/20/renault-nissan-comment-recoller-les-morceaux_5478972_3234.html

    L’alliance Renault-Nissan se délite et les motifs d’affrontement se multiplient depuis l’arrestation de Carlos Ghosn. L’assemblée générale des actionnaires de Nissan et le sommet du G20 à Osaka, qui se tiendront la semaine prochaine, sauront-ils remettre un peu d’harmonie ?, s’interroge Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

    **

    Chronique « Pertes & Profits ». Au Japon, plus qu’ailleurs dans le monde, le consensus, condition de l’harmonie de la société, est une vertu cardinale. Les conflits doivent être évités, résolus avant qu’ils éclatent et surtout ne pas être dévoilés en place publique. L’important est que chaque partie garde le « tatemae », la face. L’affaire Renault-Nissan est aux antipodes de cette philosophie. Les joutes sont continuelles et se tiennent dans l’arène médiatique mondiale, au vu et au su de tous. La belle harmonie de cette alliance unique en son genre est désormais brisée en une mosaïque d’affrontements, où tout le monde à tour de rôle perd la face. Un PDG déchu, Carlos Ghosn, deux directeurs contestés, Hiroto Saikawa et Thierry Bolloré, un président désavoué, Jean-Dominique Senard, un ministre vilipendé, Bruno Le Maire et des chefs d’Etat dans l’embarras, Emmanuel Macron et Shinzo Abe. Belle brochette d’insatisfaits.

    Si l’affaire a commencé avec la rocambolesque arrestation de Carlos Ghosn à Tokyo en novembre 2018, elle s’est poursuivie avec l’affrontement des deux directeurs, puis la tentative de fusion proposée par Renault et rejetée par Nissan et enfin l’étonnante proposition de mariage entre Renault et Fiat Chrysler à l’insu de son partenaire de vingt ans. Cette dernière a été repoussée in fine par le gouvernement français, premier actionnaire du groupe français, provoquant la colère publique du président de Renault, pourtant nommé sur proposition de ce même gouvernement.

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