Face à Gaïa (Bruno Latour)

Bruno Latour invoque Gaïa afin que la catastrophe écologique ne s’aggrave pas. Au-delà du nom mythologique, Gaïa est pour Latour surtout un concept bien construit qui propose un cadre pour penser sans la dichotomie nature/culture. Selon l’anthropologue des sciences, si nous n’agissons pas plus vite pour chercher des solutions aux problèmes écologiques, ce serait à cause de cette dichotomie.

3 thoughts on “Face à Gaïa (Bruno Latour)

  1. shinichi Post author

    Face à Gaïa

    de Bruno Latour

    James Lovelock n’a pas eu de chance avec l’hypothèse Gaïa. En nommant ainsi le système fragile et complexe par lequel les phénomènes vivants modifient la Terre, on a cru qu’il parlait d’un organisme unique, voire d’une Providence divine. Rien n’était plus éloigné de sa tentative. Gaïa n’est pas le Globe, la Terre-Mère, une déesse païenne. Elle n’est pas non plus la Nature, telle qu’on l’imagine depuis le XVIIe siècle, cette Nature qui sert de pendant à la subjectivité humaine.
    À cause des effets imprévus de l’histoire humaine, ce que nous regroupions sous le nom de Nature quitte l’arrière-plan et monte sur scène. L’air, les océans, les glaciers, le climat, les sols, tout ce que nous avons rendu instable interagit avec nous. Nous sommes entrés dans la géohistoire. C’est l’époque de l’Anthropocène. Avec le risque d’une guerre de tous contre tous. L’ancienne Nature disparaît et laisse place à un être dont il est difficile de prévoir les manifestations. Loin d’être stable et rassurant, il est constitué de boucles de rétroactions en perpétuel bouleversement.
    En explorant les mille figures de Gaïa, on peut déplier tout ce que la notion de Nature avait confondu : une éthique, une politique, une étrange conception des sciences et, surtout, une économie, voire une théologie.

  2. shinichi Post author

    ガイアに向き合う: 新気候体制を生きるための八つのレクチャー

    by ブルーノ・ラトゥール

    translated by 川村久美子



  3. shinichi Post author

    Facing Gaia: Eight Lectures on the New Climatic Regime

    by Bruno Latour

    translated by Catherine Porter

    The emergence of modern sciences in the seventeenth century profoundly renewed our understanding of nature. For the last three centuries new ideas of nature have been continually developed by theology, politics, economics, and science, especially the sciences of the material world.

    The situation is even more unstable today, now that we have entered an ecological mutation of unprecedented scale. Some call it the Anthropocene, but it is best described as a new climatic regime. And a new regime it certainly is, since the many unexpected connections between human activity and the natural world oblige every one of us to reopen the earlier notions of nature and redistribute what had been packed inside.

    So the question now arises: what will replace the old ways of looking at nature?

    This book explores a potential candidate proposed by James Lovelock when he chose the name ‘Gaia’ for the fragile, complex system through which living phenomena modify the Earth. The fact that he was immediately misunderstood proves simply that his readers have tried to fit this new notion into an older frame, transforming Gaia into a single organism, a kind of giant thermostat, some sort of New Age goddess, or even divine Providence.

    In this series of lectures on ‘natural religion,’ Bruno Latour argues that the complex and ambiguous figure of Gaia offers, on the contrary, an ideal way to disentangle the ethical, political, theological, and scientific aspects of the now obsolete notion of nature. He lays the groundwork for a future collaboration among scientists, theologians, activists, and artists as they, and we, begin to adjust to the new climatic regime.


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